Ostéopathie et orthodontie

vendredi 25 novembre 2011, par Jean-Jacques Floret

Certains étant pour et d’autres contre le port d’un appareil correcteur de l’alignement dentaire chez les enfants (12 ans) : pourriez-vous me faire connaître votre avis ostéopathique sur ce sujet. ?

Sur les traitements d’orthodontie et les appareillages qui sont utilisés :

Sur le fond, je n’ai aucune critique à fournir. L’appareillage est une contrainte mécanique forte qui entraîne des désagréments physiques, et parfois psychologiques. On doit cependant considérer le bénéfice qui est obtenu après obtention de corrections adaptées. Le solde peut être positif, voire largement positif.

La critique doit s’exercer sur des traitements inutiles ou dont les retombées sont minimes en regard de l’effort que le traitement a pu représenter pour l’enfant et sa famille.

Peut être y a t il eu en arrière fond des considérations mercantiles ? Dans le domaine de la santé aussi l’argent et la recherche d’un pouvoir peuvent entacher les choix thérapeutiques.

L’apport de l’ostéopathie :

Chacun a une histoire, un passé "mécanico-médical" au moment où un traitement est envisagé. Dans le cas présent, la démarche qui me semble la plus adaptée est de réaliser AVANT le début de l’appareillage, un traitement ostéopathique dans le but de lever toutes les zones de ralentissement qui existent (si faire se peut). L’enfant aura ainsi de moindres efforts à fournir pour s’adapter aux contraintes imposées, et l’appareillage aura une action optimisée parce que exerçant son action sur un terrain plus malléable. Dans cette logique, il faudra également effectuer un suivi durant le traitement orthodontique. La fréquence sera fonction des résultats précédemment obtenus. ( 1x/mois, /trimestre.... ?).

Une comparaison "jardinesque" : S’il n’y a pas de mauvaises herbes dans un jardin, il sera plus aisé de réaliser de nouvelles plantations, et ensuite d’en suivre l’évolution. Les fruits n’en seront que meilleurs et plus savoureux.

 

 

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Du bon usage des traitements....

Un complément d’information sur ce sujet :

Dr Patrick Ampen Chirurgien dentiste, Spécialiste qualifié ODF

Je pense que l’orthodontie doit avoir pour but premier de s’efforcer de remettre les sujets jeunes dans des conditions de croissance qui sont celles dans lesquelles se trouvent les enfants qui n’ont pas besoin de nous.. Cela change complètement le regard que l’on peut porter à des enfants en croissance qui nous consultent d’abord pour des dents "mal alignées".
Dans ce contexte, on prend en compte les effets à distance de nos thérapeutiques sur l’équilibre de l’ensemble : Pedro Planas a décrit une méthode de traitement des dysmorphoses qu’il a défini comme la Réhabilitation Neuro Occlusale, terme qui montre bien que l’on ne reste pas seulement au niveau de l’arcade dentaire, même si le vecteur de l’action est celui là , et qui est considérée, je crois, favorablement par des orthoptistes, posturologues..

J’ai eu à plusieurs reprises l’occasion d’en parler au Dr Gagey, fondateur de l’association française de Posturologie. C’est, heureusement, un concept qui commence doucement à être reconnu dans notre profession, et il nous faut travailler à une diffusion "moderne" (ce que nous faisons actuellement). Les résultats locaux sont bons, d’autant meilleurs que le traitement est précoce ( et donc préventif), sans "effets secondaires" nocifs à distance.. Le recours aux thérapeutiques mécaniques est ainsi beaucoup plus court, lorsqu’il est nécessaire, et cette phase tardive de traitement bien plus simple, d’un contrôle plus aisé..

Je vous indique la référence bibliographique : LA REHABILITATION NEURO-OCCLUSALE. P. PLANAS — MASSON.