Mon magasin

lundi 12 décembre 2011, par Jean-Jacques Floret

Tout psychothérapeute actif découvre sans peine la nécessité de la participation du patient. Il va aussi s’interroger sur ce qui s’oppose en lui-même, thérapeute, à sa volonté d’aide. Cette visite à l’atelier d’Erickson m’incite à fouiller dans mon propre magasin. El là, dans un coin je découvre,ô surprise, les péchés capitaux auxquels il est fort agréable de s’abandonner. Chaque psychothérapeute fréquente peut être plus facilement l’un d’eux, voie personnelle ou symptôme...Il semble qu’Erickson sût finalement échapper à tous !

Dans un coin de mon magasin,je découvre l’avarice. Dans mon expérience, elle se présente comme limite à l’engagement. Le thérapeute se contraint, ne marche qu’à petit pas, craint de se donner trop aisément, redoute sa spontanéité. Ses cadeaux au patient sont mesurés, bien petits.

La peur de la confusion et un sentiment de rage désespérée surviennent facilement devant certains patients. Voilà donc la colère. Ce patient m’embête, me trouble et je me cache à moi-même cette irritation. Ne faudrait-il pas examiner mieux cette névrose dite de contre-transfert négatif qui me gagne ?

Pour sa part, la névrose de transfert que je facilite, cette identification émotionnelle si aisée à créer et si difficile à "liquider", n’est-ce pas une forme de l’envie ? je me laisse inclure dans les charmes ou le pittoresque d’une autre vie. Le patient avide de tout secours sait admirablement m’aspirer dans son univers, qui devient d’autant plus le mien que je crois le saisir et le dominer.

La gourmandise s’adresse plutôt à des plats familiers et flirte, chez moi, avec le narcissisme. Intéressant, mon patient m’apporte l’occasion de m’épanouir dans l’autoréférence. Retrouvant en lui mon modèle théorique, je goûte longuement ces aspects de sa personnalité qu’il me cuisine adroitement.

Il va sans dire que la luxure prend bonne place au sein des péchés capitaux disponibles en psychothérapie. Or, sachons que la sexualité et les agréables perversions polymorphes peuvent lancer le thérapeute sur de fausses routes. Croire au sexe en général peut empêcher de traiter les difficultés sexuelles particulières, péché mignon du psychothérapeute, doux amateur de libido.

La définition de l’orgueil pose ici peu de problème. J’interprète de haut le symptôme de mon patient. je me propose d’entrer dans les profondeurs de sa structure et sais qu’un jour ou l’autre, s’il m’écoute et me comprend, je pourrai lui changer tout ça.

La paresse, enfin, est le plus capital des péchés capitaux. Manque d’engagement, inhibition des gestes d’aide, relation limitée aux évidences, neutralité indulgente, etc. Ces laisser-aller courants se formulent globalement ainsi : ritualisation, institutionnalisation,conformisme.

extrait de "Milton H.Erickson", p18, de J.A. Malarewicz - Jean Godin. édition ESF - (de l’hypnose clinique à la psychothérapie stratégiqu

 

 

 

psychobiologie de la guérison

lundi 12 décembre 2011, par Jean-Jacques Floret

.../... Les patients réagissant bien aux placebos, tout comme les bons sujets hypnotiques, inhibent le mode critique, analytique de traitement de l’information caractéristique de l’hémisphère dominant et verbal (hémisphère gauche). En outre, ce seront plutôt des individus portés à souligner les relations, conceptuelles ou autres, entre des événements qui, pour d’autres personnes, sembleraient être l’effet du hasard. Ils sont capables d’inhiber les signaux parasites de doute et de septicisme qui proviennent d’un mode de traitement de l’information plus analytique, typique de l’hémisphère dominant. Tout comme les bons sujets hypnotiques, les patients qui réagissent bien aux placebos tendent à enjoliver, ou à imaginer les effets et les propriétés stimulants d’un médicament, surtout lorsque ce dernier induit ce type de processus, et ils le font à partir de leur propre potentiel imaginatif subjectif. Ils peuvent , à contrario, nier ou atténuer les effets d’un médicament en lui attribuant des caractéristiques négatives.

Shapiro (1971) décrit les patients qui ne réagissent pas aux placébos comme "rigides et stéréotypés, sans qualités psychologiques" (p445) .../...

extrait de "psychobiologie de la guérison", La communication corps esprit au service de la santé. de E.L.Rossi. - édition Le souffle d’Or. p 59

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Qu’est-ce que l’expérience ?

lundi 12 décembre 2011, par Jean-Jacques Floret

" Qu’est-ce que l’expérience ?

Certainement pas une collection de "recettes pour soigner", une suite d’habitudes empiriques et de routines qui faciliteraient la tâche du soignant, mais le souvenir de situations passées ayant été soumises au raisonnement autocritique, à l’analyse impitoyable des résultats afin de faire bénéficier le soigné d’une amélioration des comportements du soignant. L’expérience permet à ce dernier de ne pas retomber dans les même erreurs et d’augmenter l’efficacité des soins qu’il prodigue au soigné. Elle intègre une quantité de données subjectives et relationnelles que la seule objectivité des faits démontrés ne permet pas d’atteindre. Elle n’a strictement rien à voir avec l’autosatisfaction ronronnante que procure à certains la répétition mécanique de schémas décisionnels ou thérapeutiques identiques pour tous les soignés. Bien au contraire : l’expérience est une vigilance de tous les instants qui pousse le soignant à prévoir l’imprévisible ou l’improbable devant chaque nouveau patient."

extrait de "La force de guérir" par Edouard Zarifian p91. édition Poches-Odile Jacob

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La mahloquèt

lundi 12 décembre 2011, par Jean-Jacques Floret

[.../...] La mahloquèt, c’est l’impossibilité de penser seul, ce qui évite de risque de transformer une parole propositionnelle en une parole impositionnelle, laquelle peut être source des pires violences.

Le dialogue talmudique met en place une intercritique qui permet à la rationalité de chacun de s’affiner, de prendre ses distances vis-à-vis d’une acceptation non critique de ses propres évidences, et d’éviter ainsi l’unidimentionnalite caractéristiques des idéologies.

L’intercritique talmudique implique que chacun suppose à l’autre, dans le dialogue, un degré égal de rationalité, qui doit, entre autres, empêcher l’ironie ou la caricature de la position adverse, qui ne serait qu’une manière différente de retomber dans le monologue et l’autosatisfaction, voir la suffisance de sa propre argumentation.

D’après "Invitation au Talmud, de MArc-Alain Ouaknin, collection Dominos, Flammarion. p 95.

 

 

 

 

compagne, maladie...

lundi 12 décembre 2011, par Jean-Jacques Floret

(Paracelse.../...) pour lui la maladie est "une croissance naturelle, quelque chose de spirituel, de vivant, une semence". Nous pouvons affirmer que pour Paracelse la maladie était une compagne de vie nécessaire, un véritable constituant de la vie humaine, et non pas l’odieux corps étranger qu’elle est pour nous." C.G.Jung, p 132 in "Synchronicité et Paracelsica" édition albin Michel

 

 

 

 

Chaque cas est un cas nouveau

lundi 12 décembre 2011, par Jean-Jacques Floret

Chaque cas est un cas nouveau

« La connaissance de la nature humaine que j’ai accumulée pendant le cours de mes soixante ans d’expérience pratique m’a appris à considérer chaque cas comme un cas nouveau, pour lequel avant tout il me faut trouver une méthode d’approche particulière.

Quelquefois, je n’ai pas hésité à plonger dans une étude minutieuse de fantasmes et d’événements infantiles. Ailleurs, j’ai commencé au sommet, même si cela m’obligeait à m’élever jusqu’aux spéculations métaphysiques les plus abstraites. L’essentiel est d’apprendre le langage propre de l’individu, et de suivre les tâtonnements de son inconscient vers la lumière. A chaque cas sa méthode. »

« Je me suis fait une règle de considérer chaque cas comme un problème sans précédent, dont j’ignore tout. La routine peut être commode et utile tant qu’on reste à la surface des choses, mais dès que l’on touche aux problèmes importants, c’est la vie qui mène le jeu, et les plus brillants présupposés théoriques ne sont plus que mots inefficaces. »

C.G. Jung " L’homme et ses symboles ", Robert Laffont, 1964 p 66 et 92.

 

 

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Que c’est compliqué...

lundi 12 décembre 2011, par Jean-Jacques Floret

"L’apprenti kabbaliste sera surpris qu’on n’attende de lui ni méditation métaphysique ni travail intellectuel ardu. On lui demandera simplement de dire et de vivre réellement ces mots avant chaque action :

"Hinéni moukhane oumezoumane lekayèm"...

(Je suis entièrement prêt à m’investir totalement dans ce que je vais faire...)

 

 

 

Plouf

lundi 12 décembre 2011, par Jean-Jacques Floret

Le disciple dit au maître :
  • Si je tombe dans l’eau, est-ce que je vais me noyer ?
  • Non, dit le maître. Ce n’est pas de tomber dans l’eau qui provoque la noyade, c’est d’y rester.

(d’après, Anthony de Mello, "une minute d’humour", édition Bellarmin - Desclée de Brouwer. p113)

 

 

 

Prière de Maimonide (1135-1204)

lundi 12 décembre 2011, par Jean-Jacques Floret

Prière de Maimonide

(1135-1204)

Mon Dieu, remplis mon âme d’amour pour l’art et pour toutes les créatures. N’admets pas que la soif du gain et la recherche de la gloire m’influencent dans l’exercice de mon Art, car les ennemis de la vérité et de l’amour des hommes pourraient facilement m’abuser et m’éloigner du noble devoir de faire du bien à tes enfants. Soutiens la force de mon coeur pour qu’il soit toujours prêt à servir le pauvre et le riche, l’ami et l’ennemi, le bon et le mauvais.

Fais que je ne voie que l’homme dans celui qui souffre. Fais que mon esprit reste clair auprès du lit du malade et qu’il ne soit distrait par aucune chose étrangère afin qu’il ait présent tout ce que l’expérience et la science lui ont enseigné, car grandes et sublimes sont les recherches scientifiques qui ont pour but de conserver la santé et la vie de toutes les créatures.

Fais que mes malades aient confiance en moi et mon Art pour qu’ils suivent mes conseils et mes prescriptions. Eloigne de leur lit les charlatans, l’armée des parents aux mille conseils, et les gardes qui savent toujours tout : car c’est une engeance dangereuse qui, par vanité, fait échouer les meilleures intentions de l’Art et conduit souvent les créatures à la mort. Si les ignorants me blâment et me raillent, fais que l’amour de mon Art, comme une cuirasse, me rende invulnérable, pour que je puisse persévérer dans le vrai, sans égard au prestige, au renom et à l’âge de mes ennemis. Prête-moi, mon Dieu, l’indulgence et la patience auprès des malades entêtés et grossiers.

Fais que je sois modéré en tout, mais insatiable dans mon amour de la science.

Eloigne de moi l’idée que je peux tout.

Donne-moi la force, la volonté et l’occasion d’élargir de plus en plus mes connaissances. Je peux aujourd’hui découvrir dans mon savoir des choses que je ne soupçonnais pas hier, car l’Art est grand mais l’esprit de l’homme pénètre toujours plus avant.

Traduction : SOULIER, Du Serment d’Hippocrate à l’éthique médicale, Thèse médecine, Marseille, 1985.

 

 

individus, nations

lundi 12 décembre 2011, par Jean-Jacques Floret

"La psychologie des individus correspond à la psychologie des nations. Ce que font les nations, chaque individu le fait aussi et tant que l’individu fait une chose, la nation le fait de même. Seules des modifications dans l’attitude profonde des individus peuvent être à l’origine de changement dans la psychologie des nations."

écrit daté de 1916. C.G.Jung, in ’Psychologie de l’inconscient’ édition Georg, p20

 

 

 

 

 

 

 

point de vue

lundi 12 décembre 2011, par Jean-Jacques Floret

[extrait de "Le pouvoir de l’esprit" édition Fayard, p200-221, Entretiens avec des scientifiques, Sa Saintété le quatorzième Dalaï-Lama ]

" (.../...) Ici et maintenant, les phénomènes mentaux et physiques que nous connaissons apparaissent comme s’ils existaient en soi et par soi, tout à fait indépendamment de nos modes perceptifs et conceptuels. Ils donnent cette apparence alors qu’en réalité ce sont des événements interdépendants. Leur dépendance est triple : (1) ils naissent de causes préalables, (2) ils n’existent pas indépendamment de leurs parties et / ou de leurs attributs, et (3) les phénomènes qui constituent le monde de notre expérience dépendent des désignations verbales et conceptuelles dont nous les revêtons. "

 

 

 

 

 

 

 

 

Inspirés

lundi 12 décembre 2011, par Jean-Jacques Floret

- Je pense qu’il y a un marché mondial pour peut être cinq ordinateurs Thomas Watson, Chairman ofIBM 1943
- Il n’y a aucune raison pour que quelqu’un veuille un ordinateur chez lui. Ken Olson, President, Chairman, and founder of Digital Equipment Corporation, 1977
- Qui diable veut entendre des acteurs parler ? H.M.Warner, Warner Brothers, 1927
- Tout ce qui peut être inventé, a été inventé. Charles H Duell, Commissioner, US Office of Patents, 1899
- Le marché financier a atteint ce qui semble être un niveau élevé eternel. Irving Fisher, Professor of Economics, Yale University, 1929

 

 

 

 

 

"Écoute, petit homme ! " (3)

lundi 12 décembre 2011, par Jean-Jacques Floret

"Écoute, petit homme ! "

"Tes libérateurs te racontent que les responsables sont Guillaume, Nicolas, le Pape Grégoire, Morgan, Krupp, o Ford. Quant à "tes libérateurs", ils s’appellent Mussolini, Napoléon, Hitler, Staline. Moi, je te dis : Ton seul libérateur, c’est toi ! "

Wilhelm Reich, "Écoute, petit homme !", p 19. Petite Bibliothèque Payot

 

 

 

"Écoute, Petit homme !" (2)

lundi 12 décembre 2011, par Jean-Jacques Floret

"Écoute, Petit homme !"

"Pendant 25 ans, je me suis fait le défenseur, par ma parole et par mes livres, de ton droit au bonheur en ce monde ; je t’ai reproché ton incapacité à t’emparer de ce qui t’appartient, à mettre la main sur ce que tu as conquis de haute lutte sur les barricades à Paris et à Vienne, par l’émancipation des États Unis, par la révolution russe. Or, Paris a abouti à Pétain et à Laval, Vienne à Hitler, la Russie à Staline, et l’indépendance américaine pourrait fort bien se terminer par le régime d’un K.K.K. Tu as mieux su conquérir la liberté que la garder pour toi et pour les autres. Cela je le savais depuis longtemps. Mais je ne comprenais pas pourquoi, à peine sorti du marasme, tu t’es enfoncé dans un autre pire que le premier. Mais peu à peu et en tâtonnant, j’ai découvert ce qui faisait de toi un esclave : TU ES TON PROPRE ARGOUSIN. Tu es le seul et unique responsable de ton esclavage. Toi et personne d’autre !"

Wilhelm Reich, "Écoute, petit homme !", p 19. Petite Bibliothèque Payot.

 

 

 

 

 

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"Écoute, petit homme !"

lundi 12 décembre 2011, par Jean-Jacques Floret

"Écoute, petit homme !"

"Le grand homme sait quand et en quoi il est un petit homme. Le petit homme ignore qu’il est petit et il a peur d’en prendre conscience Il dissimule sa petitesse et son étroitesse derrière des rêves de force et de grandeur, derrière la force et la grandeur d’autres hommes. Il est fier des grands chefs de guerre, mais il n’est pas fier de lui. Il admire la pensée qu’il n’a pas conçue, au lieu d’admirer celle qu’il a conçue. Il croit d’autant plus aux choses qu’il ne les comprend pas, et il ne croit pas à la justesse des idées dont il saisit facilement le sens. "

Wilhelm Reich, "Écoute, petit homme !", p18 & 19. Petite Bibliothèque Payot.